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"La maîtrise de l'étalement urbain : un enjeu majeur" - Interview de Patrick Cassany

Patrick CassanyLa maîtrise de l'étalement urbain a fait l'objet de discussions au sein de la Communauté d'Agglomération dans le cadre de l'élaboration du futur PLUi. Le projet d'aménagement et de développement durable, qui a été adopté à l'unanimité, l'affirme comme principe. C'est le cas en matière d'habitat, de développement commercial et de développement industriel. Pour nous en parler, Patrick Cassany. C’est l’interview du mois.

En matière d'habitat, quelles sont les évolutions prévues par les lois ?

En matière d'habitat, il faut savoir qu'à l'échelle de l'agglomération, nous disposons actuellement d'un stock de terrains constructibles permettant de tenir pendant 80 ans ! De nombreux terrains sont, en vain, à la vente depuis de très nombreuses années. Dans une telle situation, les lois Grenelle, et non pas l'Agglomération seule comme je l'entends parfois dire, nous obligent, dans toutes les communes, à réduire les surfaces de terrains constructibles. L'objectif est de recentrer les habitations autour des bourgs ou des villes pour réduire l'impact sur les terres agricoles, réduire les coûts pour la construction de réseaux et pour les déplacements.

Dans le domaine commercial, pourquoi voulez-vous restreindre le développement en périphérie ?

Dans le domaine commercial, on peut constater les ravages sur le commerce de centre-ville causés par des décennies de laisser-aller et de laisser-faire en matière de constructions commerciales en périphérie.
Comme dans toutes les villes moyennes, malgré les actions engagées par la Ville et l'Agglo, le commerce de centre-ville souffre. C'est encore plus fort à Villeneuve où nous avons quasiment le double de surfaces commerciales en périphérie que la moyenne nationale : 999 m2 pour 1 000 habitants en moyenne nationale, 1 694 m2 pour 1000 habitants à Villeneuve.
Il faut marquer un coût d'arrêt à cette tendance. Il ne s'agit pas de tout geler en périphérie, mais de trouver un équilibre entre périphérie et centre-ville. Pour faire simple, orienter les commerces de vêtements et d'alimentation vers le centre-ville, l'équipement de la maison et l'automobile vers les périphéries.

Par les ravages causés, l'extension commerciale en périphérie a été une catastrophe environnementale et, contrairement aux apparences,  une catastrophe en terme d'emploi. Pour un emploi créé en périphérie, deux emplois sont supprimés ailleurs ! À titre personnel, je souhaite un moratoire sur la création des surfaces commerciales en périphérie.
Ce que chacun doit comprendre, c'est que Villeneuve est le cœur de l'Agglomération. Son dépérissement aurait forcément des conséquences négatives sur l'attractivité de l'ensemble des communes voisines.

Dans le domaine industriel, quelles sont vos contraintes ?

Dans le domaine industriel et artisanal, nous avons un défi à relever avec une contrainte particulière. L'investissement insdustriel dans le Villeneuvois repart. Plusieurs chefs d'entreprises viennent me voir pour me faire part de leurs projets d'extension et de développement. Nous avons maintenant une idée des besoins qui sont d'environ deux hectares par an. En effet, la Zone d'Activité du Villeneuvois, que nous avons créée il y a dix ans, est de 22 ha. Sur cette zone, il y a eu 2 M€ d'investissement public, plus de 50 M€ d'investissements privés et plus de 300 salariés y travaillent. Cette zone est maintenant complète.

Naturellement, en pareil cas, nous avons d'abord travaillé à la reprise des friches industrielles sur les différentes zones. C'est ainsi, par exemple, que la mairie a revendu des usines-relais pour permettre la restructuration des usines ARDAGH et l'extension de DEUERER.
Ensuite, en toute transparence, nous avons identifié des terrains situés à proximité des zones industrielles, avec le moins de contraintes de voisinage possible, et qui pourraient être aménagés.
Nous avons aussi préempté une ferme de 9,5 hectares qui était à vendre sur l’avenue Henri-Barbusse, juste en face de la zone de la Barbière. Il faut savoir que les entreprises souhaitent s'installer dans ce secteur, à proximité des zones d'activités actuelles : d’une part, elles y ont leurs partenaires ou leurs fournisseurs, d’autre part, il s’agit d’une zone qui sera bientôt équipée de fibre Très Haut Débit et pouvant être facilement desservie par les transports en commun pour les salariés.
L'objectif est de pouvoir disposer d'une zone d'environ une quinzaine d'hectares.

Dernière modification : vendredi 01 décembre 2017